Les histoires d’amour finissent mal…

Quelle a pu être la nature de notre relation ?
Je me le suis demandé longtemps à contre-courant du savoir, à contre-courant de l’expérience. 
Dans le déni, au nom de l’espoir fou de faire mentir ce qui est.
Il n’y en a jamais eu de relation, mon amour, tu avais raison. 
Parce qu’il n’en existe pas. 
Jamais.
C’est toi qui m’a donné la force de m’en souvenir car je l’avais déjà appris auparavant.
Il y a fort longtemps, lorsque j’étais bien plus jeune, bien plus forte car bien plus vulnérable.
Un autre homme que toi, un autre homme, comme toi, me l’avait fait comprendre. 
Il fût le premier, il fut l’unique.
Et toi, réminiscence incandescente, flammèche d’un feu encore vivant sous la glace, tu as été son ultime messager. 
Mon héritage c’est son savoir. 
Brut, tranchant comme une l’âme d’acier.
Il ne m’a presque rien transmis si ce n’est ce rien.
Et ce secret qu’aucune guerre des sexes ne saurait altérer. 
Seule parmi les seuls, sur du vide, j’ai grandi, entourée d’illusions, de mensonges et de faux-semblants, comme tout le monde.
Mais ce qu’il m’a dévoilé, je le savais si fort que je ne me le suis pas pardonné.
Je le savais si fort que je voulais disparaître.
Ôter ce savoir de leurs existences puisqu’ils n’en voulaient pas.
Les en protéger puisqu’ils auraient pu en mourir encore une fois. 
Soit en les retranchant de ma vie, soit en me retranchant de la vie.
Je les ai choisis, eux, comme aujourd’hui je te quitte. 
Par lâcheté ou loyauté… sûrement des deux. 
Qui a tort, qui a raison ?
Là n’est plus la question.

Muriel Thiaude 
Juillet 2022

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Muriel Thiaude • Psychanalyste

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture